Conservation des ressources génétiques en aviculture en phase de valorisation (PRMA)
Pourquoi ?

Certaines races avicoles tendent à disparaître définitivement des exploitations avicoles au profit de lignées plus productives issues d’un nombre réduit d’entreprises. Les effectifs de reproductrices et reproducteurs de races locales françaises diminuent progressivement et se rapprochent du seuil limite en deçà duquel ces races seront irrémédiablement perdues du fait d’un pool génétique insuffisant. Par ailleurs, les coûts sont élevés pour ces races à petits effectifs, remettant leur pérennité en cause en permanence. La protection des races avicoles à petits effectifs vise donc à conserver sur les exploitations des animaux des espèces avicoles appartenant à des races qui nécessitent, du fait de leurs petits effectifs et de la dynamique des populations, des opérations spécifiques pour leur conservation.

L’enjeu principal est donc de préserver et de sécuriser la biodiversité avicole française.

Par ailleurs, cette biodiversité génétique dite « rustique » est précieuse : elle contient des marqueurs génétiques qui pourraient permettre de répondre aux futurs enjeux : résistances spécifiques aux pathogènes, aux parasites, capacité d’assimilation de céréales et protéines locales, adaptation ou tolérance aux phénomènes climatiques. De plus, elle porte une grande diversité phénotypique.

La filière avicole répond à certaines spécificités pour les motifs suivants :

  • Les spécificités des cycles biologiques des volailles, en particulier de leur reproduction, avec un cycle court, et dans certains cas, un renouvellement complet annuel des troupeaux reproducteurs,
  • Les spécificités organisationnelles de l’élevage de volailles en race pure, avec la séparation obligatoire de la gestion des élevages d’animaux dédiés à la reproduction, de ceux dédiés à l’engraissement pour une valorisation économique auprès du consommateur :
    • Cet état de fait engendre une spécificité par rapport aux ruminants, avec des élevages spécifiques, des savoirs-faire et des équipements d’élevage dédiés à la reproduction.
    • De la même façon, les propriétaires de reproducteurs sont majoritairement les associations (ou d’autres structures) jouant un rôle central pour la gestion de les races et la structuration des filières locales de production. Les choix de sélection reposent ainsi majoritairement sur leurs décisions collectives.
  • La nécessité pour les races à petits effectifs d’une gestion optimisée du choix des reproducteurs et des plans d’accouplement, grâce à une expertise et des outils que n’ont généralement pas les éleveurs.
  • La nécessité de suivre de façon individuelle les reproducteurs pour connaître les généalogies et ainsi mettre en place des installations spécifiques pour les volailles.
  • La pertinence dans ce contexte d’avoir des élevages ou centres d’élevages dédiés à la sélection et la reproduction des volailles de race pure, parfois communs pour plusieurs races, et ainsi existants dans des régions différentes de la région d’implantation de la race.

Cette opération cible donc comme bénéficiaire les associations ou les structures collectives, propriétaires de reproducteurs d’au moins une race locale avicole menacée d’abandon par l’agriculture. En Alsace, seule la race poule d’alsace est éligible à cette mesure.

Pour qui ?

Association, fédération ou autre structure ayant pour vocation la défense et la conservation ou l’amélioration de la poule d’Alsace et propriétaire des reproducteurs volailles.

Critères d'éligibilité

Le bénéficiaire doit être propriétaire d’un ou de plusieurs cheptels de reproducteurs en race pure de poule d’Alsace.

Engagements à respecter par le bénéficiaire :

La population de reproducteurs en race pure doit être conforme au référentiel SYSAAF(Syndicat des Sélectionneurs Avicoles et Aquacoles Français) en vigueur sur les points suivants :

  • Le cheptel total de reproducteurs doit être composé au minimum de 100 femelles et de 20 mâles.
  • Un nombre minimal de 500 descendants, futurs candidats à la constitution de cheptel de reproducteurs de la génération n+1, doit être produit et faire l’objet d’au moins une observation avant d’être triés.
  • Le bénéficiaire doit assurer la connaissance d’un enregistrement du pedigree des reproducteurs, avec identification individuelle des reproducteurs et leur traçabilité ou par analyse du génotype des parents et des descendants et assignation a posteriori des parentés.
  • Le pedigree doit être connu sur au moins 2 générations complètes.

Les enregistrements des pedigrees des reproducteurs doivent être consultables dans un livre généalogique ou sur une base de données, in situ ou ex situ.

Quel financement ?

L’engagement est pluriannuel et a une durée de 5 ans. L’aide est payée en euros et par an.

Par ailleurs, le taux d’aide publique est de 100%. Le montant d’aide forfaitaire est de 17 000 euros par an et par bénéficiaire.

Contact
  • Région Alsace - Service Développement Rural03.88.15.38.80